Karim Madani

  • Pute et insoumise

    Karim Madani

    Bombe explosive de Seine-Saint-Denis, la vingtaine à peine, Sarah alterne entre ses deux prestigieux master de droit à Assas et sa vie lucrative d'escort girl. Indépendante et fougueuse, elle s'adapte avec aisance au monde du luxe et de l'ostentation. Aux côtés de Vince, dealer dans les hautes sphères des boîtes de production et des villas fastueuses, la voilà invitée en jet privé, à Saint-Tropez, à Dubaï, où partout, les yeux s'attardent sur ce corps indécemment sensuel, et où sans peine affluent les opportunités. Elle sera pute peut-être, mais insoumise, surtout. Elle portera ses blessures et se refusera d'être un simple objet sexuel. Mais cette vie n'est à l'évidence pas exempte de risques : de Saint-Denis, où sa famille s'éternise dans une vieille barre de HLM, les menaces pleuvent, et son passé inéluctablement la traque et la poursuit...

    Pute et insoumise est le neuvième roman de Karim Madani, auteur de Jewish Gangsta (Marchialy), Les Damnés du bitume (Belfond) ou encore Le Jour du fléau (Gallimard).

  • Trente ans avant les événements de Ferguson, Spike Lee créait la polémique avec Do The Right Thing, brûlot sur les tensions raciales et de frustration urbaine à Brooklyn.
    Jamais avant Spike Lee un cinéaste n'avait filmé le ghetto du point de vue d'un accro au crack se vantant d'avoir " fumé la télé Sony de sa mère " ou d'un sneaker addict entrant dans une rage folle lorsqu'un cycliste caucasien (on ne disait pas encore hipster à l'époque) a roulé sur sa paire de Jordan immaculée. En inventant la " street culture ", creuset d'une nouvelle mythologie urbaine au fil des décennies, l'auteur de Do The Right Thing est aussi devenu le père-fondateur du film " hip hop " en intégrant le rap à son espace narratif. Ce gamin de Brooklyn, trop petit et trop frêle pour s'illustrer sur les terrains de basket, aura ainsi esthétisé dans sa représentation cinématographique la pratique du basket de rue, à travers la figure de Michaël Jordan et de ses défis quotidiens aux lois de la gravité... Celui qui dit " emmerder John Wayne " et a menacé Wim Wenders avec une batte de baseball au festival de Cannes a influencé, dans le monde entier, la mode, le langage, les codes, l'esthétique, l'attitude, voire le folklore, de plusieurs générations.
    Ce livre n'est pas une biographie exhaustive mais bien une ballade gonzo et " rap'n'roll " nourrie d'une approche journalistique dans la lignée des écrits de Nick Cohn, Nick Kent ou encore Jeff Wang. À travers la vie et l'œuvre de Spike Lee, c'est une certaine histoire de l'Amérique que nous sommes amenés à raconter, d'une Amérique noire pas encore totalement remise de l'épidémie de crack des 90's, ni des drames nationaux provoqués par les attentats du 11 septembre 2001 et les dévastations de l'ouragan Katrina en août 2005, sans compter les bavures policières de 2014.



  • Dans le quartier mexicain de Los Angeles ravagé par la guerre des gangs, Emilio Alvarez, jeune inspecteur des stups, essaie tant bien que mal de tenir son petit frère Hector à l'écart des dangers de la rue. À seize ans, Hector est un artiste graffiti surdoué, payé par les dealers et leurs familles pour réaliser des fresques murales en hommage aux jeunes soldats de la rue tombés dans la guerre pour le contrôle du trafic de crack. Emilio et son coéquipier, Frank Castle, sont eux sur la piste d'un insaisissable baron de la drogue, Alfredo Garcia, qui tente de s'emparer de la mairie de Los Angeles avec l'aide d'un politicien corrompu. Garcia et son porte-flingue, un rappeur illuminé, ne reculeront devant rien pour mener à bien leur conquête du barrio.
    Pris dans une spirale infernale de business illicite, de violence, de trafic de dope et de flingues, de magouilles politiques, de sexe et de lutte pour le pouvoir, les frères Alvarez sont au bord du précipice. L'enfer des ghettos de L.A. brûle les ailes des flics ripoux, des gangsters mystiques et des artistes aérosol un peu trop rêveurs...
    Le style novateur de Karim Madani saisit dès les premières lignes par sa flamboyance et sa crudité. Un roman percutant.

  • Comment échapper à son destin ? Vieille question.
    Des années après sa grise adolescence, Maxime habite toujours le quartier d'Hanoukka, seul avec Hannah, sa vieille mère, son alzhei-mère, qui danse en écoutant Sun Ra. Il est coursier, et justement, il en a vraiment plein les bottes d'être coursier, car il pleut tous les jours sur Arkestra, la ville qui ne dort jamais, ghettoïsée et violente, où tentent de vivre les personnages de Karim Madani. Fils d'un petit truand fiché à la Casher Nostra, la mafia du quartier juif, Maxime ne sait pas dire non quand il le faut. D'autant que les services sociaux lui mettent la pression pour qu'il abandonne sa mère, devenue folle, dans un mouroir municipal. Et que sa copine Sarah ne voit pas où est le problème.
    Le voilà donc entraîné dans un deal d'herbe particulièrement foireux. De quoi se mettre à dos tous les caïds des Tours Organiques, dont Max pique la clientèle, et l'ensemble des services de police d'Arkestra, qui n'en est pas avare. Évidemment, ça va mal tourner. Mais ce n'est pas le problème. Le problème, c'est la question. Comment échapper à son destin ?
    Tragédie moderne et style qui boxe, légendes noires et mélopée de mots crus, KARIM MADANI manie sa plume en artiste, la rage en plus. Il est notamment l'auteur du Journal infirme de Clara Muller (Sarbacane, 2012), Les Damnés du bitume (Belfond, 2008), Cauchemar périphérique (Philippe Rey, 2010), Le Jour du fléau (" Série noire ", Gallimard, 2011).

  • Black Train

    Karim Madani

    Restitution âpre et jouissive de la vie des jazzmen d'après guerre : ségrégation raciale, recherche musicale, compétition forcenée, excès en tout genre... Avec Charlie Parker, Miles Davies et quelques autres, John Coltrane inventa une musique céleste devenue universelle.

  • Arkestra. La ville qui ne dort jamais. Gangrenée par la came et les gangs. Une ville schizophrène, bipolaire. Les pires criminels y ont élu domicile tandis que la revitalisation urbaine amorce son long processus. Dans le quartier maudit de l'Antre maraude un flic dépressif accro au sirop pour la toux, Paco Rivera. Ex-flic des sups, il ne s'est jamais pardonné la mort de son informatrice, Katia, exécutée par des narcotrafiquants. D'hallucinations en cauchemars éveillés, Paco déambule dans les rues crades d'Arkestra. Muté à la brigade des mineurs, avec sa coéquipière Gina, il a pour mission de retrouver Pauline, une adolescente dont la disparition est qualifiée d''inquiétante'. Elle est entre les mains d'une brochette de psychopathes patentés : tueur sadique et castrat, photographe voleur d'âmes, flic corrompu drogué au sucre... Commence alors une fulgurante descente aux enfers. C'est le jour du fléau qui se lève sur Arkestra.

  • Tout le monde connaît les frasques de la rock star pourrie gâtée, ses coups de gueule plus ou moins justifiés. Il vire une fan en plein concert parce qu'elle a eu l'audace de se faire remarquer : " Je suis venu ici pour ouvrir une put*** de montagne, et vous essayez de me dicter mon art. Ne m'interrompez pas ! Je suis Kanye West, put*** ! " Après l'ouragan Katrina, il déclare sans filtre : " George Bush n'en a rien à faire des Noirs ", puis clashe Barack Obama : " On ne change pas le monde en restant à la Maison Blanche. " En août 2015, l'époux fantasque et mégalo de la grande prêtresse de téléréalité Kim Kardashian confirme son intérêt pour la chose publique au terme d'un discours de 12 minutes aux MTV Awards (" certains vont se demander si j'ai fumé avant de venir, la réponse est oui ") et annonce sa candidature à l'élection présidentielle...
    L'auteur retrace l'enfance atypique de ce gamin de la classe moyenne, fils d'une professeur de littérature et d'un ex-Black Panther, ses débuts dans la musique, le deal fondateur avec Jay Z, dont il relance la carrière. Producteur le plus important de sa génération, il réalise en 2004 son premier album, The College Drop Out. Conçu juste après un terrible accident de voiture qui manque lui coûter la vie - et marque le début de sa crise mystique du " Black Jesus " - il révolutionne le rap game. Suivront Late Registration, 808's and Heartbreak, et Yeezus. Au sommet de sa gloire, l'artiste tyrannique et torturé a rendu obsolète le look et l'imagerie gangsta - il tente d'intégrer le monde de la haute couture - et ne cesse d'ailleurs de remettre en cause certaines normes, prenant position pour les droits des homosexuels dans un univers où cela n'est pas évident : " On se bat durement pour qu'un Blanc ne nous lance pas à la figure le mot "nègre'. Mais nous faisons pareil avec les gays. " À travers une série de chapitres ultra-documentés, nourris d'anecdotes, de faits historiques, d'analyses sociologiques et d'interviews inédites en France, Kanye West reconstitue les pieces of a man de celui qui a profondément influencé et remodelé la culture pop du 21e siècle.

  • Qu'est-ce qui réunit deux jeunes frères d'origine israélienne amateurs de hip hop, de metal et de films gore, la fondatrice d'un gang de filles et un prodige du vol de voitures ? Ils sont tous les quatre jeunes, blancs, juifs et déclassés, perdus dans l'enfer de Brooklyn des années 1990, coincés dans la guerre des gangs. Pour s'en sortir, tous les moyens sont bons - trafic de crack, vol à la tire, bastonnades. Leur énergie commune définira un courant du hip hop et de la culture urbaine : celui des goons. Les destins croisés de Ill Bill et Necro, J.J. et Ethan Horowitz sont des illustrations de ce mouvement. Pour s'en sortir, tous les moyens sont bons - trafic de crack, vol à la tire, bastonnades. Leur énergie commune définira un courant du hip hop et de la culture urbaine : celui des goons. Les destins croisés de Ill Bill et Necro, J.J. et Ethan Horowitz sont des illustrations de ce mouvement.

  • La Fouine est un phénomène. Sa vie vaut tous les romans.
    Avec plusieurs millions d'albums vendus, autant de fans sur les réseaux sociaux, une exposition médiatique conséquente, il est un des artistes de musique urbaine les plus populaires. Son différend avec le rappeur Booba a enflammé la toile. Le cinéma le courtise.
    Originaire de Trappes, Laouni Mouhid, pour son contrôleur judiciaire, a tout connu : la galère, la délinquance, la prison. Son père transmet à ses sept enfants son amour de la musique. On écoutait Brel, Brassens, Gainsbourg, Coltrane et Billie Holiday dans le salon familial. Laouni apprendra tôt à chanter et à jouer de plusieurs instruments. Sa mère, trop vite disparue, lui inculque des valeurs fondamentales. Mais la famille implose. S'ensuivent expulsions et déboires. Laouni sombre.
    Avant que La Fouine n'obtienne gloire, argent, reconnaissance et qu'il ne vive sous le soleil de Miami, il aura été balloté de foyers en maisons d'arrêt. Il aura aussi forgé des amitiés fraternelles. Ce récit est l'autobiographie intimiste et inédite d'un artiste qui se livre sans tabou, avec une lucidité, une sincérité et une autodérision étonnantes. Du ghetto au gotha, des quartiers disciplinaires aux plateaux télé, des mandats de dépôts aux trophées, ce « drôle de parcours » constitue un témoignage passionnant et débordant d'humanité.
    Un document que Laouni Mouhid a souhaité écrire avec deux journalistes, scénaristes et écrivains : Karim Madani, spécialiste des cultures urbaines et Christian Séranot, spécialiste des questions judiciaires et sociétales.

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