Liana Levi

  • Depuis le jour de sa naissance, la vie est une guerre pour Sofia. Une guerre qu'elle mène contre ses proches, contre le monde entier. Inquiète, excentrique, débordante, insaisissable, Sofia est toujours habillée en noir. Et son humeur aussi. Pourtant elle fascine tous ceux qui l'approchent. De Milan à Brooklyn, leurs paroles dessinent le portrait de cette rebelle et, en filigrane, celui d'une société qui depuis la fin des années 70 cherche ses repères. De gentils ghettos résidentiels s'installent en bordure des villes, la politique perd de son aura, la liberté individuelle est le nouveau Graal... Mais Sofia, fille unique de la bourgeoisie ordinaire, trace son chemin. Résolument.

  • Autour du feu, les hommes du clan ont le regard sombre en ce printemps 1940. Un décret interdit la libre circulation des nomades et les roulottes sont à l'arrêt. En temps de guerre, les Manouches sont considérés comme dangereux. D'ailleurs, la Kommandantur d'Angoulême va bientôt exiger que tous ceux de Charente soient rassemblés dans le camp des Alliers. Alba y entre avec les siens dans l'insouciance de l'enfance. À quatorze ans, elle est loin d'imaginer qu'elle passera là six longues années, rythmées par l'appel du matin, la soupe bleue à force d'être claire, le retour des hommes après leur journée de travail... C'est dans ce temps suspendu, loin des forêts et des chevaux, qu'elle deviendra femme au milieu de la folie des hommes.N'entre pas dans mon âme avec tes chaussures, dit le proverbe: on n'entre pas impunément chez les Tsiganes, ni dans leur présent ni dans leur mémoire... Mais c'est d'un pas léger que Paola Pigani y pénètre. Et d'une voix libre et juste, elle fait revivre leur parole, leur douleur et leur fierté.

  • "Un simple échange entre enfants. Pas un timbre-poste, ni un jouet, ni un autocollant. Une BD, échangée contre un banal tuyau en plastique. Un acte anodin au départ. Mais avec le temps, le Superman numéro un a pris une immense valeur. Et Harvey, devenu libraire, de bandes dessinées justement, ne rêve que de le récupérer. C'est même une obsession, le seul but de sa vie d'adolescent attardé: retrouver ce comic rarissime... Mais après toutes ces années d'attente, son scénario longuement mûri va dérailler, et il se retrouvera pris dans un imbroglio incroyable.
    Conseil de l'éditeur: ne commencez ce livre que si vous avez du temps, car vous ne pourrez pas le lâcher."

  • "Lorsque deux vieux copains se retrouvent pour pêcher, ils ne s'attendent pas à tirer de l'eau le cadavre d'une jeune femme. Pas plus en Chine qu'ailleurs. Et lorsque le camarade inspecteur principal Chen pend la crémaillère avec ses amis, il ne souhaite pas être dérangé pour une affaire de meurtre. Pas plus en Chine qu'ailleurs. Mais lorsque le même camarade inspecteur principal Chen apprend que la victime s'appelle Hongying, alias «Héroïne rouge», qu'elle est travailleuse modèle de la nation mais sacrément jolie, que les autorités du Parti ont placé le commissaire Zhang comme «conseiller de l'enquête», là ça ne peut se passer qu'en Chine... et plus précisément à Shanghai, en 1990.
    Cette amorale histoire chinoise nous fait découvrir les déroutantes moeurs du Céleste Empire à l'heure communiste. «Des livres comme celui-ci, fins, érudits, formidablement documentés, on n'en a pas lu cinquante sur la Chine d'aujourd'hui. En y ajoutant l'excellent suspense, on obtient de quoi passer deux ou trois soirées passionnantes.» Elle
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  • Red Hook. L'ancien port de New York, l'ancien quartier des dockers. Une langue de terre tout au sud de Brooklyn, là où l'East River se jette dans la baie. L'horizon y est délimité par la ligne des gratte-ciel de Manhattan. C'est là que les jeunes aimeraient vivre, de l'autre côté des docks. Blancs ou Noirs, habitants du front de mer résidentiel ou des cités, les gens du quartier passent leurs soirées d'été à traîner dans les bars, écouter du rap, boire sans retenue et rêver d'aventure. Une nuit d'été, June et Val, deux adolescentes inséparables, décident de mettre leur canot pneumatique à l'eau sans imaginer que cette dangereuse expédition va changer leur destin et celui du quartier.

  • Dans le Yémen du XVIIe siècle, les communautés cohabitent et s'affrontent. Alors quand Fatima, la fille du mufti, s'éprend du bel adolescent juif qui répare les fenêtres ajourées du palais de son père, leur histoire est forcément destinée à connaître un parcours semé d'embûches. Quant à l'enfant de cette union interdite, ni les Musulmans ni les Juifs ne veulent le reconnaître. Que son père se convertisse à l'islam n'y change rien. Et quand, vers 1660, un certain Shabbataï Tsevi prétend être le Messie et redonne vie au rêve d'émancipation des Juifs, les rapports interreligieux se compliquent encore... Ce roman dresse un tableau vivant d'un Yémen fécond et multiculturel.

  • "Murs immaculés, meubles design et parquet en chêne. Un appartement minimaliste et lisse où rien n'accroche le regard. Quoi de mieux pour passer quelques jours paisibles consacrés à l'écriture, loin de Londres, loin de tout? Surtout si cela permet de rendre service à un vieil ami qui souhaite partir régler son divorce à l'autre bout de la planète. Après tout il s'agit juste de prendre soin des lieux et des chats. Notre écrivain n'ignore rien de la maniaquerie obsessionnelle de son ancien camarade d'université, mais il ne s'attend pas à découvrir dans chaque recoin de l'appartement des messages de recommandations concernant le contenu des tiroirs, les produits d'entretien, le piano, les chats et surtout le précieux parquet... Il ne s'attend pas non plus à ce que tout dérape très vite, y compris l'image qu'il se fait de son ami Oskar...
    Absurde, cruel, kafkaïen, Attention au parquet! est une mise en garde drôlissime contre cet étrange besoin de perfection qui sommeille en chacun de nous. «C'est LE livre à ne manquer sous aucun prétexte.» Le Dauphiné libéré
    «C'est drôle, acide, absurde.» Page des libraires, Librairie Pages après Pages, Paris
    «Une brillante satire sur la fétichisation de nos maisons et de nos biens.» The Guardian
    «Un mélange d'humour mordant et de symbolisme grotesque, comme si Kafka rencontrait Larry David.» The Boston Globe"

  • Perchée sur la colline, à l'écart du centre-ville, une cité ouvrière et son bistrot : le Bel-Air. Au comptoir, le patron s'enflamme contre les Arabes du foyer de travailleurs et, depuis le baby-foot, les jeunes reluquent la serveuse en se prenant pour Marlon Brando. Gérard et Franck ont grandi là comme des frères. Mais alors qu'une guerre se termine en Indochine et qu'une autre débute en Algérie, leurs premiers choix d'hommes vont brutalement les séparer. Bien des années plus tard, alors que le Bel-Air est sur le point de disparaître, une ultime rencontre jettera un éclairage nouveau sur le passé et sur leurs certitudes. Bel-Air renoue avec l'écriture fougueuse et les thèmes chers à Lionel Salaün: le racisme ordinaire, le clivage social, l'amitié, la loyauté.

  • "À quoi bon ce corps? se lamente l'héroïne de ce roman, en égrenant ses souvenirs. Élevée dans une famille yéménite traditionnelle, elle a grandi sous le joug des préceptes et des interdits. Soumission ou transgression, elle n'a pas d'autre choix. Loula, sa soeur aînée, qui se sert de ses charmes pour vivre, a choisi la rébellion et l'initie, en cachette, à la sexualité. Quant à son frère, il délaisse Marx pour Dieu et l'entraîne dans le djihad, jusqu'en Afghanistan. Entre religion et frustration, elle suivra son inexorable destin...
    Un portrait brûlant, dérangeant, d'une femme brisée par une société hypocrite."

  • Le Pire, c'est la nuit de l'enlèvement. La nuit où les parents, militants montoneros, sont arrêtés chez eux. La nuit où tout bascule pour la fillette narratrice et son petit frère qui dorment à poings fermés. Au réveil, ils doivent quitter leur maison, avec la grand mère reine du crochet, pour aller vivre avec l'autre grand-mère rescapée du ghetto de Varsovie chez l'oncle et la tante, à Buenos Aires. Ce qu'ils emportent? Les slogans révolutionnaires entendus chez eux en ce début de dictature militaire: L'Impérialisme yankee est notre ennemi, La Religion est l'opium du peuple, Avec l'Ennemi, on perd quand on ne gagne pas... Dans une clandestinité soudée et grave, et une envie forcenée de coller au modèle de leurs parents, ils vont devenir des petits combattants, portés par l'espoir de les retrouver un jour. Un roman vrai, drôle, émouvant.

  • Une cabine téléphonique à Belleville. Une sonnerie qui résonne dans le vide chaque jour à midi. Répondre serait absurde. C'est pourtant ce que fait Éva. Pour cette jeune femme qui a mis sa vie entre parenthèses depuis qu'un cancer la menace, la voix venue des bords du Nil va devenir un point d'ancrage. C'est grâce à cette voix, grâce aux récits désormais quotidiens que lui fait Gabriel, un photographe parti réaliser un reportage sur la vallée des morts d'Abydos, qu'elle saura faire sienne la vision de l'au-delà des anciens Égyptiens: un fil tendu entre passé et présent, un passage de l'obscurité à la lumière.
    Comme ses personnages, fragment après fragment, Aline Kiner façonne un roman pudique et solaire sur notre peur du néant et des rendez-vous manqués. Entretien avec Aline Kiner : Après Le Jeu du pendu (Liana Levi, 2011) pourquoi ne pas avoir écrit un autre roman policier ?
    Pour moi, le roman policier n'est pas un genre fermé. C'est une forme d'écriture, un système de codes, qui permet d'approcher ce qui me passionne le plus : la vérité des êtres et leur façon de se débrouiller avec cette drôle de chose qu'est la vie. Il ouvre aussi au lecteur des univers qu'il ne connaît pas. Dans Le Jeu du pendu, j'ai aimé raconter un petit village de Lorraine marqué par les souvenirs de la guerre, le rapport ambivalent des hommes à la mine, les failles des personnages... Mon nouveau roman emprunte d'autres codes, mais finalement, l'essentiel n'est pas si éloigné. Et même s'il s'agit d'une histoire plus intime, j'ai voulu instiller une certaine tension dramatique, un suspens.
    Après tout, je suis un « jeune » auteur. J'ai envie d'explorer des gammes différentes. Disons que c'est un nouveau premier roman...
    Dans La vie sur le fil, c'est l'univers de l'archéologie, et en particulier l'Égypte ancienne, que vous donnez à découvrir...
    J'ai toujours été passionnée par l'histoire. Pour Sciences et Avenir, j'ai eu la chance de réaliser de nombreux reportages en Égypte, de suivre plusieurs chantiers archéologiques majeurs, de pénétrer dans des pyramides et des tombes interdites de la Vallée des Rois. Mais mon plus grand souvenir reste celui d'un séjour, en 2006, sur le site d'Abydos. C'est l'un des points de départ du livre : la maison de fouilles blanche perdue dans le désert où j'ai séjournée, la nécropole d'Oumm el-Qa'ab dans laquelle ont été inhumés les tout premiers souverains d'Égypte. « Un monde des débuts », comme le dit un de mes personnages, où tout a été inventé : l'écriture, l'institution pharaonique, l'idée d'immortalité... Pour le personnage de Jonn, je me suis souvenu de l'égyptologue allemand Günther Dreyer, le découvreur de la tombe du roi Scorpion avec qui j'ai longuement arpenté cette nécropole.
    Et celui d'Éva, la narratrice ?
    Il m'a été inspiré par une femme extraordinaire. Elisabeth Daynès, une sculptrice, plasticienne, qui crée pour des musées du monde entier des reconstitutions d'êtres anciens. Elle travaille avec les plus grands préhistoriens, les plus grands anthropologues, ses oeuvres sont des témoignages scientifiques d'une grande rigueur, mais elles sont également troublantes de vie, et très touchantes. Elisabeth éprouve, pour ces créatures si différentes de nous mais en même temps si proches, une formidable empathie. J'ai passé beaucoup de temps à l'écouter et à la regarder travailler dans son atelier.
    Il y a aussi une dimension plus intime dans ce roman...
    Depuis des années, toutes ces immersions dans des mondes du passé, ces rencontres, m'ont amenée à réfléchir à notre rapport au temps, à tous les rituels développés depuis le fond des âges pour combattre la peur de la mort, en un mot à cette conscience qu'a l'être humain de sa finitude et comment il se débrouille avec... Quand j'ai dû, dans ma vie personnelle, faire face à la maladie, toutes ces réflexions me sont revenues. Et j'y ai, étrangement, trouvé du réconfort. Je me suis notamment souvenue de ce jour où, dans le désert lybique, j'avais entraperçu, au fond d'une cache, quatre momies, les parents et deux enfants, allongés là depuis des millénaires. Combien ils m'avaient paru paisibles, et familiers. J'ai voulu raconter cette scène. Et le sentiment qu'elle a fait naître en moi : je n'étais pas seule face à l'absurdité de la vie, j'appartenais à une longue chaîne d'humanité.

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