• Au début du siècle, cinq personnes sont massacrées à coups de couteau dans une auberge de Haute-Provence. En 1920, un survivant croit découvrir les coupables, mais deux d'entre eux, un nouveau riche et le propriétaire d'un moulin à huile, sont assassinés à leur tour avant que Séraphin ait pu accomplir sa vengeance.
    Le justicier Monge entreprend alors de démolir la maison maudite de fond en comble...

  • Rue Prête-à-Partir, une nuit, un long cadavre vêtu d'un ensemble de sport bleu ciel orné d'un grand Gentiane en lettres jaunes attend, en leur barrant la route, les éboueurs de la ville de Digne. Jeannot Vial a été assassiné. Six mois plus tard, c'est au tour de Jules Payan. Même blessure à la tempe, provoquée par un galet. Peu de temps avant leur mort, les deux victimes étaient devenues adeptes du vélo et semblaient habitées d'un bonheur profond, mystérieux. Deux hommes beaux et jeunes. Il y aura une troisième victime, puis une quatrième : la vieille Adélaïde de Champclos, qui devait connaître l'assassin. Quant à celui-ci, il tue la nuit, s'est beaucoup exercé au lance-pierre, et il porte des vêtements et des chaussures de collégien d'autrefois.
    C'est bien sûr le commissaire Laviolette qui mène l'enquête.

  • Quel est le criminel qui jette dans le vide les aides-soignantes de Rogeraine, la belle infirme ? Tout Sisteron s'interroge. Mais la ville garde ses mystères, qui remontent au temps de la guerre, des maquis. Et le commissaire Laviolette, retraité de la police, va s'égarer à plaisir avant de découvrir la vérité.

  • Laure du bout du monde

    Pierre Magnan

    « - Qu'est-ce que ça veut dire aimer ?
    - Je l'ai lu dans un livre, dit Laure.
    - À la maison, depuis que je suis né, personne, tu entends bien ? personne ! n'a jamais prononcé ce mot. Le mot aimer et le mot tendresse n'ont jamais fait souche ici. Le bonheur, ajouta le grand-père, c'est une distraction de riches !

    Voici ce qu'on pense du sentiment à Eourres quand Laure naît. Cette phrase du livre est comme une fiche d'état civil pour Laure qui pèse 750 grammes à sa naissance. Pas plus qu'Eourres on ne peut l'inventer parce que seul ce pays pouvait permettre cette naissance. Il est impossible de concevoir, si on ne les a pas vus, ces montagnes, cette géologie démentielle, ce chaos de la fin des temps ou de leur début. Songez au silence, à l'isolement, mais songez à l'obstination de Laure qui à trois ans demande à apprendre à lire et à six conduit le troupeau. Songez à cette petite fille perdue dans ce pays sans grâce qui veut échapper non pas à sa condition mais à son ignorance de la vie. Songez à tout ce qu'elle va devoir braver si elle y parvient. »
    Pierre Magnan.

  • «Je parle surtout d'une Provence disparue. Celle de mon enfance et de ma jeunesse. Je parle aussi d'une Provence inconnue, celle qui ne se voit pas, celle sur quoi il faut pointer le doigt pour attirer l'attention. Je parle enfin d'une Provence restreinte. En fait, celle-ci ne dépasse pas les limites des Alpes-de-Haute-Provence, pays qui en dépit qu'on en ait reste mystérieux et secret. Le livre est écrit à la demande de mes lecteurs qui achètent mes ouvrages comme des guides pour se promener dans mes paysages, car si les histoires que je raconte sont inventées, les lieux où elles se déroulent en revanche sont rigoureusement conformes à la réalité.»

  • Laissé pour mort dans un fossé des Alpes, le célèbre commissaire, après des mois de convalescence, est bien décidé à reprendre sa vie en main. Pour l'y aider, sa hiérarchie lui confie une enquête de routine, une banale affaire de captation d'héritage à Gap : un homme est mort, sans doute de cause naturelle, quatre jours après son mariage, et ses neveux portent plainte contre la jeune veuve...
    Laviolette, fidèle à ses méthodes, se promène, bavarde avec les uns et les autres, réfléchit et observe. Qui mieux que lui connaît les travers de ses contemporains?

  • "c'était un alignement, de cinq cadavres dans un ordre parfait.
    A égale distance les uns des autres, les orteils dressés vers le ciel, les paletots reboutonnés, même s'il était patent qu'ils eussent subi quelque désordre, les mains ouvertes dans le prolongement des bras collés au corps, les yeux fermés et tous comme au garde-à-vous. on avait dû profiter de ce qu'ils étaient encore chauds pour procéder à cette mise en scène." crime politique, affrontement entre bandits de grand chemin ou implacable vengeance ?

  • Pour saluer Giono

    Pierre Magnan

    «Au Contadour (en 1937, Pierre Magnan a quinze ans), quand Giono, Lucien ou Fluchère ne nous font pas la lecture, la grosse question est de savoir ce qu'on fera en cas de guerre : renvoyer son fascicule de mobilisation, résister aux gendarmes, faire un fort Chabrol de la paix, se laisser fusiller sur place et pour les femmes se coucher sur les rails dans les gares. Je n'entendrai jamais Giono, ni ici ni ailleurs, prendre parti dans ce débat autrement qu'en s'engageant personnellement. Jamais il ne donnera de directives à quiconque. "Marchez seul. Que votre clarté vous suffise." - "Je n'écris pas pour qu'on me suive. J'écris pour que chacun fasse son compte en soi."» Ce n'est pas une hagiographie de Giono que propose Magnan mais un récit minutieux de leurs rencontres quasi quotidiennes pendant tant d'années, à Manosque. C'est aussi un double portrait, du maître dont l'adolescent s'émerveille, et de l'apprenti qui tait jalousement que lui aussi rêve d'écriture.

  • Contre la porte du cimetière de barles, près de digne, il y a une boîte aux lettres qu'on ne remarque jamais.
    Pourtant, dans les années soixante, l'assassin à la belle écriture l'a parfois utilisée. c'était l'époque où pencenat emile creusait sa tombe, dimanche après dimanche. il a été le premier à voir l'une de ces étranges missives, annonciatrices d'une vengeance à retardement.

  • Annette reconnut le corps carbonisé. Sans émotion. Ce mariage n'avait jamais été une réussite.
    Mais flairer qu'un flic avait pu abattre l'époux-voleur, prendre les millions et maquiller le crime en accident, c'était déplaisant.
    Il fallait donc que les femmes, épouse et maîtresse, s'unissent contre la police. Pour le meilleur et pour le pire.

  • A manosque, cinq hommes ont constitué e association : chacun a investi une mine d'argent sur le domaine de chantesprit qui vaut un demi-milliard.
    Si l'un des signataires disparaît, les autres héritent de son apport. la mort de paterne lafaurie va déclencher le drame. une odeur de frangipane, ou d'abricotier en fleur, la silhouette d'un cyclomotoriste coiffé d'un casque rouge sont les seuls indices dont disposent, dans un premier temps, les enquêteurs. mais les enquêteurs sont le juge chabrand et, surtout, le fameux commissaire laviolette. une énigme que n'aurait pas désavouée hitchcock.

  • La naine

    Pierre Magnan

    L'été de ses quatorze ans, au début des années 20, alors qu'il est apprenti dans l'imprimerie locale, une naine, à la fois méprisée et crainte, est tombée amoureuse de Jean, le narrateur.
    Le cadre de ce roman fortement autobiographique est une petite ville agricole de la Provence chère à l'auteur, et plus précisément la place principale flanquée, côté soleil, des demeures des notables et, côté ombre, des petites maisons des «dames du Nord», éternelles observatrices et commentatrices des faits et gestes de tout un chacun. La Sanson, espèce de sorcière discrète qui vit dans une impasse, tire en partie les fils d'une intrigue amoureuse à sens unique puisque Jean, lui, n'aime pas la naine.
    Chronique d'un été torride et roman d'apprentissage, tendre et douloureuse éducation sentimentale, La naine est sans conteste un des plus beaux livres de l'auteur de La maison assassinée et des Courriers de la mort.

  • Un homme noir à l'odeur de forêt arrive à Combe-Madame, dans la montagne de Lure. Il apporte un précieux adjuvant au produit aphrodisiaque que son frère Attilio, pauvre charbonnier, vend aux notables du village. Le petit Rosito est déjà parti sur son âne livrer les cornets de poudre pour la fête "galante" de la Saint-Pancrace. Le président Serenne, le notaire Boutedieu et sa "particulière" meurent d'amour. Le minotier se jette dans une fosse. Le conseiller d'Ardantes et le sous-préfet sont malades. Un seul indice pour le brigadier Laviolette : un rempailleur de chaises a croisé un enfant sur un âne, qui portait dans sa main comme un bouquet de cornets gris, et laissait derrière lui une odeur de souris.

  • Février 1349.
    Un rat moribond vient choir dans l'immense chaudron d'une daube mijotant pour les festivités de Mardi gras : c'est le début de la Peste noire à Manosque.. . Sous les remparts du village, un cavalier se régale du funeste spectacle : Lombroso, peintre officiel du duc de Mantoue, est venu trouver l'inspiration dans les cadavres encore chauds. La même nuit, une procession de jeunes nonnes quitte le château des Hospitaliers de Jérusalem, à Manosque.
    Elles tirent derrière elles un lourd chariot qu'elles cachent dans la crypte de leur couvent avant d'être soudain massacrées... Histoire d'un trésor inestimable quoique sans valeur, Chronique d'un château hanté fait revivre la Provence d'autrefois en racontant les aventures de six générations, du XIVe siècle à nos jours. Etourdissant son lecteur d'un suspense baroque, Pierre Magnan orchestre une palpitante remontée dans le temps et la nature de l'homme.

  • Séraphin monge, héros de la maison assassinée, est mort dans quelque éboulement de montagne où il cherchait la solitude propice aux êtres de son espèce.
    Plusieurs personnages illustrent cette histoire : un évêque fort en peine devant quelques miracles qu'il réprouve, la silhouette malingre d'un maquisard de vingt ans, dépenaillé et pacifiste, dont le nom est laviolette !
    Mais est-ce bien là le véritable destin de séraphin monge ? l'auteur nous fait partager ses doutes et nous tient en haleine jusqu'à la dernière ligne.

  • L'aube insolite

    Pierre Magnan

    «Ils étaient tous autour du poêle quand il entra. Le vent d'automne dérangea la fumée de leurs pipes. Eux, devant cet homme encombré de deux valises, avec son chapeau mou et son imperméable clair, le prirent pour un monsieur. Mais, s'avançant au milieu de la pièce et rencontrant la mère Raffin qui venait en toute hâte sur ses pieds plats, il toucha son chapeau.
    - Je vous demande pardon, dit-il, est-ce qu'il serait possible de voir le maire ?
    Pourrier se leva.
    - C'est moi.
    Il enleva sa pipe de la bouche.
    - Je parie que vous êtes le nouvel instituteur ?
    - Juste, dit l'homme».

    Ainsi Barles fait-il son entrée, à l'automne 42, dans l'unique café de Cluze, village des Hautes-Alpes perché sous la dent de Cervières.
    Au même moment, deux jeunes gens, l'un juif, l'autre communiste, viennent de s'échapper de la citadelle de la vallée et grimpent à travers bois, droit vers l'ancien cimetière de Cluze...

  • «Le monde pénétra d'abord en moi par la biasse de mon père.» C'est ainsi que Pierre Magnan ouvrit les premières pages de son autobiographie lorsqu'il en offrit la primeur à Alpes de Lumière en 1983.
    Ce fut une joie de découvrir les souvenirs d'enfance de celui qui était déjà un écrivain reconnu et qui allait devenir un auteur révélé au grand public par les adaptations à l'écran de quelques-uns de ses romans et d'abord par La Maison assassinée de Georges Lautner.

    Ce récit de vie s'est développé au fil de trois autres opus : L'Amant du poivre d'âne, Apprenti et Un monstre sacré. Mais c'est cette «biasse» qui annonce le plus fortement ce que Pierre Magnan ne cessera de répéter sur son appartenance à son «pays» natal, la haute Provence, celle des plateaux et des collines, celle de Manosque. Le tout baigné par les parfums subtils des badassières, des pluies d'été sur les landes arides et, «universelle et lui parlant de tout, l'odeur du pebre d'ai, la sarriette des Français», autrement dit ce «poivre d'âne» dont il se dira l'amant éperdument amoureux et dont il fera le titre de la suite de ses mémoires.

    On ne saurait mieux accompagner l'ouvrage Adieu pays ! de Claude Martel, sur la langue régionale de Pierre Magnan, que par la réédition de ce texte délicieux qui, en peu de pages, nous livre les considérations de notre auteur sur «le dialecte manosquin», mais aussi et surtout la mise en musique de cette langue dont les notes sont ces «mots plein de sève et de chaleur qui sont faits pour être prononcés dans le vent».
    Une langue et des mots que, comme le craignait Pierre Magnan, «nous enterrerons avec nous». C'est précisément ce qui leur donne aujourd'hui toute leur charge d'émotion.

  • «C'était un équipage de fière allure qui s'éloigna finalement du quai de Fronsac à grand renfort d'ordres et de claquements de fouet. Convenablement appareillés de grelins et de chapelières par les industrieux compagnons, les quinze percherons arrachèrent à son inertie le cachalot et sa gueule semblable à une étrave, laquelle se mit lentement à diviser les eaux du fleuve.» C'est ainsi que commence, lors de l'été 1838, le périple de ce cétacé, organisé pour le compte d'un antiquaire rassis, amoureux d'une cantatrice aux appas dispendieux. Périple fluvial au long duquel les destins vont se dessiner, se nouer puis se défaire, dans la tendresse, la haine et la violence. Gigantesque puzzle de passions attisées par un orage d'apocalypse où soufflent tous les dieux d'une nature en colère. Et comme le fleuve déchaîné qui emporte tout sur son passage, l'écriture de Pierre Magnan tel un torrent d'images nous fascine, nous envoûte et finalement nous emporte sans qu'on puisse seulement faire mine de résister.

  • Le célèbre commissaire Laviolette dépérit à cause d'un chagrin d'amour, ce qui, à soixante-quinze ans, pourrait paraître comique à tous ceux qui n'ont pas encore soixante-quinze ans.
    Le juge Chabrand lui confie l'enquête sur deux crimes qui auraient pu passer pour des accidents si le tueur n'avait pris la peine de fixer sur ses victimes une page d'agenda à l'aide d'une épingle à linge. Son inépuisable connaissance de la Haute-Provence et le hasard feront le reste. Quant à savoir si le parme convient à Laviolette...

  • Connaissez-vous la légende du chêne, immense et majestueux, qui domine le petit village de Montfuron depuis la nuit des temps ? On raconte que, lorsque la mort rôde, l'arbre se met à brûler... Les étranges pouvoirs de cet oracle mystérieux déchaînent les peurs, les passions et les convoitises. Certains sont prêts à tout, même à tuer, pour s'en emparer.

  • Contre la porte du cimetière de Barles, près de Digne, il y a une boîte aux lettres qu'on ne remarque jamais. Pourtant, dans les années soixante, l'assassin à la belle écriture l'a parfois utilisée. C'était l'époque ou Emile Pancenat creusait sa tombe, dimanche après dimanche. Une enquête du commissaire Laviolette. Pierre Magnan nous tient en haleine jusqu'au dénouement final.

  • Un monstre sacre

    Pierre Magnan

    Poursuivant la confession d'un enfant du dernier siècle commencée avec L'amant du poivre d'âne et Apprenti, Pierre Magnan met en scène les dessous d'une patrie française curieusement enlisée dans la guerre et nous régale des paradoxes de sa liaison avec une femme mûre qu'il n'aime pas : Thyde Monnier. Sous la coupe éclairée de cette romancière à succès des années 40-50, véritable « monstre sacré », le jeune Pierre multiplie les infidélités cuisantes ou heureuses, fête ses vingt ans sur le tournage d'un film de Fernandel, atterrit dans un camp de jeunesse pétainiste, fuit le S.T.O. et la Résistance, rencontre Giono et, gravitant dans les milieux de l'édition, se lance lui-même dans une aventure littéraire sans espoir...
    Roman autobiographique porté par une écriture vivante, savoureuse, Un monstre sacré restitue sur un ton merveilleusement décapant et drôle le destin d'un tout jeune homme pris dans les tourmentes de l'Histoire.

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